L’intelligence émotionnelle | L’art de faire performer ses équipes


L’intelligence émotionnelle | L’art de faire performer ses équipes 2

La cohésion d’équipe, l’atout du collectif 2

L’équipe, un groupe d’humains avant tout 2

Fédérer pour gagner en intelligence collective 3

Utiliser les émotions pour gérer les conflits 3

Intelligence émotionnelle outil de performance collective 4

QI collectif Vs quotient intellectuel individuel 4

Donner du sens à la mission de ses collaborateurs 4

Les émotions dans la gestion d’équipe 5

Un peu d’humanité pour plus d’efficacité 5

Savoir laisser la place à l’autre 5

Présence psychologique 6



« Les managers qui réussissent suscitent l’adhésion par leurs émotions, leur force de conviction. Ils développent la confiance et la motivation de leurs équipes », annonce A. Hautesserres, spécialiste de la force collaborative. Bienvenue à la gestion d’équipe altruiste et humaine ! Le leader moderne écoute, ressent et utilise l’intelligence émotionnelle comme outil de performance collective. Cohésion et motivation génèrent succès et compétitivité. Un challenge managérial fédérateur pour tout responsable qui comprend que la force du groupe se cache dans les interactions entre les individus..

Ces quelques minutes de lecture vont dynamiser vos hommes et booster vos séances de travail. On parie ?


La cohésion d’équipe, l’atout du collectif

L’équipe, un groupe d’humains avant tout


« Parler est un besoin, écouter est un art », disait Goethe. En effet, la nature humaine est plus prompte à l’expression qu’à l’écoute. Pour autant, entendre l’autre est une composante, un outil indispensable à la compétence managériale qu’est l’intelligence émotionnelle.


Guy Le Boterf, expert en gestion des compétences, rappelle que « les compétences et performances se réfèrent toujours à des personnes ». Ah ! L’avions-nous oublié ? Aussi basique que cela puisse paraître, il faut garder à l’esprit que la notion d’individu se trouve à la base de tout groupe ou collectivité. Ainsi, le manager appréhende son équipe selon deux prismes : le statut unique de chaque collaborateur et l’entité globale que représente l’équipe, un système à part entière.


Quatre sensibilités s’imposent :


  • percevoir : le manager doit capter les ressentis de ses collaborateurs ;

  • intégrer : il tient compte de leurs émotions tout en restant attentif aux siennes ;

  • comprendre : il questionne si besoin et entend l’information qui s’y rapporte. Il anticipe les conséquences ;

  • gérer : il adapte son attitude et ses attentes.


Fédérer pour gagner en intelligence collective


Écouter les émotions de ses équipes, les comprendre et en tenir compte, fédère et porte la dynamique au sein d’un collectif. Les collaborateurs travaillent dans un objectif commun que le manager détermine clairement. Pour s’assurer que le groupe collabore efficacement, il s’équipe d’outils et de concepts tels que :


  • la dynamique collective ;

  • le codéveloppement ;

  • l’animation collective.


Une fois la dynamique de groupe en route, découlent cinq compétences de ces hommes et femmes. On parle des 5 C de l’intelligence collective :


  • créativité ;

  • compassion ;

  • communication ;

  • esprit critique ;

  • collaboration.


Le manager est le chef d’orchestre de cette symphonie, le garant de la mise à disposition et de l’utilisation des outils de la dynamique collaborative. Il assure un suivi et rend compte des feedbacks. Il favorise l’émergence de leaders naturels.



Je veux tout savoir sur les forces et les outils de la dynamique collaborative.


💡 Bientôt, un article, sur les 5 C de l’intelligence collective.


Vous l’aurez compris, le manager et ses équipes évoluent désormais dans une ambiance coopérative.


Utiliser les émotions pour gérer les conflits


Howard Gardner, surnommé le théoricien des intelligences multiples et connu de nos fidèles lecteurs, a formalisé les différents types d’intelligence et en a retiré quatre aptitudes :


  • organiser des groupes et coordonner les actions ;

  • établir des liens personnels grâce à l’empathie ;

  • capter le ressenti ;

  • négocier des solutions et gérer les conflits.


Comment faire pour gérer les conflits ?


Un manager « émotionnellement intelligent » :

  • se base sur l’acceptation de la différence et de la diversité,

  • agit et interagit ;

  • donne la parole à chacun ;

  • tient compte des ressentis d’autrui ;

  • laisse la place à chacun ;

  • ventile l’expression de chacun ;

  • favorise la cohésion de groupe pour que les solutions émergent naturellement.


Intelligence émotionnelle outil de performance collective

QI collectif Vs quotient intellectuel individuel


Le test des trois personnes perdues dans le désert, avec des ressources pour une seule : vous connaissez ?

Les études relèvent trois niveaux de fonctionnement possibles et déduisent les résultats performantiels suivants.


  1. Les frictions au sein d’un groupe peuvent le faire échouer. Le score de l’équipe s’avère inférieur au score individuel moyen.

  2. Si l’équipe travaille raisonnablement bien, son score est meilleur que le score moyen des collaborateurs quand ils agissent séparément.

  3. Quand l’équipe dégage une réelle synergie, son score dépasse de loin le meilleur des scores individuels.


Chaque talent catalyse l’autre, tous reliés par la chimie émotionnelle. Les études de Williams et Sternberg, deux chercheurs de l’unviersité de Yale, prouvent deux choses :

  • les personnes incompétentes dans les rapports humains alourdissent l’effort collectif et amoindrissent ses chances de réussite ;

  • un caractère dominateur porte préjudice au travail d’équipe.


Un groupe de travail exploite à fond les potentiels individuels et obtient de bons résultats quand il sait créer une harmonie interne. En somme, plus on met ses compétences en commun et au service des autres, plus les capacités du groupe dépassent la somme des forces individuelles.


Donner du sens à la mission de ses collaborateurs


Saviez-vous que l’activité cérébrale est plus modérée quand on effectue une tâche difficile ? L’ennui et le manque d’enthousiasme génèrent une apathie. À l’inverse, le bonheur d’un travail intéressant rend le cerveau efficace et précis dans ses modes de fonctionnement.

Bernard Anselem, neuropsychologue, note que la sensation de progresser dans ses compétences, de trouver un sens à ses actions, lutte contre la démotivation et mobilise l’énergie.

À charge au responsable de l’équipe de donner envie à ses collaborateurs, de les stimuler.

Comment ? En leur parlant des enjeux globaux du projet. Cela leur permet de se positionner dans la mission, se sentir légitime et utile dans leurs compétences. La performance vient alors naturellement.

L’enthousiasme offre une alternative radicale aux sources de motivations connues jusque-là.

Les motivations les plus puissantes sont désormais intrinsèques. Demandez à vos salariés de tenir un journal et vous verrez qu’ils préfèrent un travail agréable et moins payé à un poste bien rémunéré, mais fastidieux. C’est en tout cas ce que déclare Daniel Goleman dans son ouvrage, L’intelligence émotionnelle.


Connaissez-vous ce conducteur de métro qui s’est donné pour mission que ses usagers se disent bonjour avec le sourire ? Il s’appelle Vincent Bothorel. Cet homme est heureux au travail ! Il sait pourquoi il se lève le matin.


Les émotions dans la gestion d’équipe


En 2014, les chercheuses Morgue et Leszczynska ont mesuré l’impact de l’émotion sur la performance managériale.

Le fait d’obtenir un climat émotionnel stable et positif limite l’apparition de stress chronique. Elles préconisent donc le maintien d’un capital humain coopératif et non individuel.

En 2020, Barling et Wexler confirment ces travaux. Pour eux, les compétences émotionnelles créent les conditions pour partager les connaissances et établir la confiance indispensable à une équipe qui gagne.

Intuition et émotion aident à la prise de décision, car elles génèrent des idées alternatives et des solutions. L’intelligence émotionnelle constitue la base des communications interpersonnelles et des relations sociales en entreprise.


Lisez notre article Comprendre ses émotions.


Un peu d’humanité pour plus d’efficacité

Savoir laisser la place à l’autre


Tout naturellement, se mettre à l’écoute de l’autre lui procure l’espace-temps nécessaire à s’exprimer. Donner la parole, faire un tour de table, proposer une météo managériale en début de réunion sont autant d’astuces pour que chacun puisse partager ses ressentis, ses peurs, inquiétudes à l’intérieur de l’équipe. Ainsi :


  • le collaborateur évacue les tensions ;

  • les collègues lui apportent leur soutien ;

  • des retours d’expérience et feedbacks peuvent lui proposer un nouveau point de vue ;

  • une solution peut émerger de cette dynamique collective ;

  • les autres membres du groupe tiennent compte de son état mental, etc.


Tout ceci contribue à optimiser ses compétences pour de meilleurs résultats.

Selon la gravité du problème ou son caractère personnel, il est parfois plus judicieux de prévoir un entretien individuel. Là encore, c’est la sensibilité et l’intelligence relationnelle du manager qui sera juge.


À noter qu’il est tout aussi important de communiquer sur les joies, satisfactions ou fiertés. Les émotions sont contagieuses.


Ces habitudes, une fois ritualisées et ancrées dans le quotidien, contribuent largement à améliorer le bien-être au travail.



Présence psychologique


Nous avons tous vécu ce moment de désespoir où la solution à notre problématique semble s’éloigner au fur et à mesure que l’on planche dessus. Combien de fois le seul fait d’échanger avec un collègue permet de se rendre compte que nous connaissons la réponse.

La présence de l’autre permet de se sentir soutenu. Se poser les bonnes questions, changer l’angle de vue, écouter une autre opinion se révèle très souvent plus efficace que des heures d’acharnement.

La puissance du questionnement est, du reste, une autre compétence managériale de très haut niveau.

Alors que nous imputons les connaissances aux apprentissages cognitifs, J. S. Brown, directeur d’études scientifiques chez Rank Xerox, rappelle que « l’essentiel de ce que nous savons, nous l’avons appris des autres et avec les autres ».



Dès 2018, The Future of Job’s report annonçait que l’intelligence émotionnelle serait une des 10 compétences clés recherchées en 2022. Nous y sommes ! « L’altruisme n’est plus un luxe, mais une nécessité », confirme Matthieu Ricard, docteur en génétique et moine tibétain. Gérer les hommes, c’est aussi une question d’émotions.

Je veux gérer mes équipes en faisant preuve d’humanité pour les faire performer.


Prochain article : l’intelligence émotionnelle, une compétence managériale.


Nos sources :

L’intelligence émotionnelle, de Daniel Goleman

Le management émotionnel, centre de ressources en économie et gestion (CREG) de Versailles

La vidéo de Vincent Bothorel