Humour au travail | Ce n’est pas une blague

Travaillons mieux, alors rions ! Quelle blague ! Non, ce n’est pas une plaisanterie, c’est bien la réalité. Le rire, comme la conscience, nous différencie de l’animal. Son pouvoir outrepasse les barrières du langage et de la communication, il resserre les liens humains, renforce la cohésion des équipes et améliore la santé mentale et physique. Défini comme « le lien le plus direct entre deux personnes » par Charlie Chaplin, le rire s’avère un redoutable outil de management. Manié avec justesse et bienveillance, il dynamise vos collaborateurs, les met de bonne humeur. Voici vos collègues transformés en joyeux lurons motivés pour une journée de bureau. L’humour au travail, un nouvel atout dans la manche du manager averti ? Qui de mieux placé que Smyle 😊pour vous expliquer pourquoi ?


Humour | Quelle drôle d’histoire


Humour noir, grinçant, de zinc, de rue, à deux balles, les épithètes se gondolent de rire tellement ils sont nombreux et décalés. D’une manière générale, on les distingue en 3 degrés et les différencie sous 4 formes.


Les 3 degrés d’humour en entreprise ou en société


À regarder de plus près, le comique parle à trois niveaux d’audience.


  • Le premier degré reflète une situation marrante simple sans ambiguïté (le dessin animé ou la blague gentille).

  • Le deuxième monte en subtilité, il s’adresse plus aux adultes et demande une réflexion ou une logique.

  • Le troisième suppose d’avoir une connaissance particulière dans un domaine d’expertise pour comprendre (jeu de mots en langues étrangères ou sur un thème d’initiés).


Jusqu’ici tout est permis. Chaque blague trouve sa place en réunion collective ou en entretien individuel selon l’effet souhaité. Seule contrainte, s’assurer que l’interlocuteur est en capacité de la déchiffrer. Charge à vous de plaisanter dans le spectre de compétences ou le champ lexical adapté. Freud insiste aussi sur l’indispensable connivence dans les mots d’esprit et la relation à l’inconscient (le rapport culturel, notamment). Une même blague peut faire rire dans un pays et glacer l’ambiance sur un autre continent.


Un inconscient collectif lourd


Certes, dans notre éducation judéo-chrétienne, le rire garde une connotation de déconcentration perverse et vulgaire, historiquement imputée aux païens. Qui n’a pas lu ou visionné Le nom de la rose, roman de Umberto Eco, adapté à l’écran par J. J. Annaud ? Heureusement, des personnages tels que Guignol, Scapin ou Charlot ont déridé les spectateurs au fil des siècles. Pourtant, aujourd’hui encore, on arrête de rire quand un supérieur entre dans le bureau, on évite de s’esclaffer en présence d’un client ou de pouffer devant son équipe. Est-ce bien justifié ?


Humour au travail | Un outil de management


Les 4 formes d’humour | Bonnes pratiques en entreprise


C’est là que le danger rôde. « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui », cette expression populaire alerte déjà sur les conséquences parfois négatives ou blessantes d’un humour sans limites. Regardons de plus près de quoi il retourne et détaillons les quatre formes d’humour.


  1. L’humour affiliatif : gentillet, son seul but est d’amuser la galerie. Il détend les gens, relâche la tension et crée généralement une attitude positive. Managers qui nous lisez, vous allez pouvoir ajouter une nouvelle corde à votre arc de la cohésion d’équipe.

  2. L’humour autovalorisant sert à positiver lorsque la situation semble compliquée. Avec ce trait de gaieté, on régule les émotions, on réduit le stress environnant en minimisant les risques ou les peurs. Il met l’accent sur les objectifs positifs et les chances de réussite. Il renforce le leadership de qui l’utilise habilement.


Les suivants, plus pernicieux, ne peuvent être que déconseillés, voire proscrits au risque de générer de la toxicité dans les relations.


  1. L’humour agressif se joue des sarcasmes, de l’ironie et de la malveillance. La moquerie ou la raillerie en pleine réunion en sont des exemples flagrants.

  2. L’humour auto-dévalorisant est utilisé par les gens qui manquent clairement de confiance en eux. Pratiquer l’autosatire pour mieux se faire accepter en réduisant la distance sociale, est-ce vraiment une solution ?


La « Fish Philosophy » | Recette d’une belle journée de bureau


Née de l’histoire vraie du marché aux poissons de Pike Place à Seattle, la Fish Philosophy, nouvelle approche managériale, se base sur 4 attitudes quotidiennes positives pour améliorer la performance collective. On ne choisit peut-être pas son métier, mais on peut choisir comment l’exercer. Cette vague novatrice s’immisce de plus en plus en entreprise.


  1. L’intention positive : j’arrive au bureau en souriant, car je souhaite passer une belle journée ;

  2. une présence en pleine conscience : je me connecte à chaque personne, collègue ou client que je croise ;

  3. la gamification : je joue à travailler de manière efficace, professionnelle et sérieuse, mais détendue ;

  4. le rayonnement : j’illumine la journée des autres et distribue la joie autour de moi.


Cette influence rejoint la pensée neuroscientifique : on attire l’énergie que l’on dégage.


Les bienfaits du rire au travail


Plaisanter au bureau | Que du bonheur


Les neurosciences encouragent le rire et l’humour au travail. Pourquoi ? Saviez-vous que le rire libère sérotonine et dopamine ? Ces hormones stimulent l’activité cérébrale et augmentent les connexions neuronales. Et alors ? Ce phénomène décuple la créativité, accélère la réflexion et donc facilite la résolution des problèmes.


Utilisé intelligemment et de manière bienveillante, l’humour en entreprise :


  • combat le stress ;

  • génère un sentiment de bien-être ;

  • fédère, favorise la coalition et la cohésion d’équipe ;

  • resserre les liens entre les collaborateurs ;

  • booste la motivation générale et individuelle ;

  • renforce l’engagement ;

  • réduit la frustration ;

  • désamorce les tensions et conflits ;

  • brise la glace en début de réunion ;

  • lance un discours avec notamment l’autodérision ;

  • fait passer plus facilement un message délicat ;

  • permet le passage de la position basse à haute, là encore via l’autodérision ;

  • aide à relativiser face à une situation compliquée, etc.


Une enquête américaine annonce que « 97 % des directeurs d’entreprise interrogés ont affirmé que l’humour était utile dans le business, et 60 % que le sens de l’humour était déterminant dans la capacité d’un individu à conclure des affaires ».


En entreprise ou pas | Le rire, c’est la santé


Si « le travail c’est la santé », bonne nouvelle, le rire aussi !


Rabelais (philosophe et médecin du XVe siècle) vantait déjà les effets du rire sur la santé.

On sait désormais que la libération d’endorphines soulage les tensions musculaires et lutte contre la douleur, comme le note Thomas Benz (chercheur suisse). L’effet antidouleur d’un éclat de rire pourrait durer jusqu’à vingt minutes.

La bibliothèque nationale de médecine des États-Unis a publié un rapport listant les nombreuses influences du rire sur la santé et notamment sur l’immunité, les capacités cognitives, le stress, la régulation des hormones, etc.

Le yoga du rire agit en ce sens et fera l’objet d’un prochain article.


Rire entre collègues | Oui, mais pas à tout prix


Les limites


Comme le dit l’adage, ceux qui font rire sont les rois. Soit ! OK, on peut rire, s’amuser, blaguer et répandre la bonne humeur. Mais, pour ne pas tomber dans la monarchie absolue, comme toutes les meilleures choses, l’humour a ses limites.


En voici quelques-unes :


  • perturber le travail et impacter la productivité ;

  • blesser autrui par ironie ;

  • discréditer le manager qui en use trop ou à mauvais escient ;

  • déraper par des propos blessants, clivants, ou à caractère discriminatoire ;

  • harceler un ou des collaborateurs sous couvert d’humour, en faisant passer des messages négatifs, etc.


Les règles | Question de respect


Pour que tout se passe bien, il suffit de respecter les règles ou de se régler sur le respect, ça marche dans les deux sens.


Les bonnes pratiques sont logiques :


  • rester soi-même et s’assumer ;

  • accepter que notre humour puisse ne pas faire rire et donc ne pas se laisser déstabiliser par le calme plat qui suit votre bonne blague ;

  • accueillir l’humour des autres ;

  • rester bienveillant et respectueux sinon on verse dans la satire ;

  • utiliser l’humour avec parcimonie ;

  • savoir mettre fin aux intermittences humoristiques. Il y a un temps pour tout, la rigolade, c’est comme les blagues carambar, les plus courtes sont les meilleures.




L’humour au travail, à l’instar de tous les moyens de communication, peut aider ou blesser. Tranchant ou bienveillant, le sens de l’humour suppose une sensibilité suffisante pour apprécier l’effet qu’il peut avoir sur autrui, on en revient à l’intelligence émotionnelle. Le rire, la bonne humeur, vecteurs d’émotions et de messages se frayent une place grandissante parmi les outils du management moderne. C’est pourquoi, chez Smyle, le coaching ludique fait partie de nos prestations. Et ce n’est pas un hasard si notre nom appelle le sourire, nous basons toute notre philosophie de travail sur l’authenticité, la sincérité et la joie de vivre.

Envie de faire de l’humour votre nouvel allié ? Contactez-moi ! Je suis Mylène Ridel, coach facilitatrice de bonheur en entreprise.


Nos sources :

Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis

L’humour au travail selon le gouvernement français